La fiction comme antidote à une rentrée universitaire difficile

Une Libération 16 septembre 2020
 

Présentielle, distancielle, ou comme le titre le quotidien Libération, « démerdentielle» , cette rentrée peut se révéler particulièrement anxiogène pour les étudiants …

Comment les accompagner dans cette nouvelle réalité, dans un contexte instable qui risque à tout moment d’être chamboulé par la découverte d’un cluster ?
Comment les aider à se concentrer sur leurs travaux, à se focaliser sur la réussite de leur année, au moment où leurs conditions de vie se révèlent plus difficiles, où petits jobs et stages sont quasi impossibles, où les perspectives de première embauche sont menacées ? 

Et si la solution passait par la fiction ? 

Depuis plusieurs années , j’anime des TD “Ecriture de fiction” à l’Université. 

  • A Paris I Panthéon- Assas en Master Information-Communication dans le cadre de l’institut Français de presse.

  • A l’institut Régional de Travail Social de Montrouge lors du séminaire de rentrée des nouveaux étudiants. 

Dans un atelier court,  les étudiants découvrent des textes littéraires, en écrivent, les lisent à voix haute, échangent. 

Chaque année, les retours qu’ils adressent aux responsables pédagogiques témoignent de l’apport de ces travaux dans leur cheminement. 
En effet, pour travailler sur les représentations d’un futur métier ou pour découvrir sa propre écriture lorsque l’on se destine au journalisme, ce détour par les auteurs est incomparable. 

Ecrire de la fiction, lire ses textes au groupe, constitue un outil prodigieux de projection, de créativité, de rigueur.   

Dans quelques semaines, je rencontrerai une nouvelle promotion d’étudiants à Assas. Je sais déjà qu’ils seront plus angoissés que ceux des années précédentes.
Je ne connais pas encore en détail le programme sur lequel nous travaillerons.
Nous le construirons ensemble au fil des séances. 
Il s’appuiera sur les grands textes de cette rentrée littéraire et l’actualité sera évidemment présente.

Et je suis certaine que les 15 heures que nous passerons ensemble leur permettront de se situer, de prendre du recul, d’évacuer l’anxiété, de mettre des mots sur des difficultés, de détecter des pistes de travail.
En écrivant, lisant, écoutant les textes des autres, ils progresseront ensemble, et trouveront des respirations dans le  « nouveau normal ».